Les mottes castrales du Mazaubrun

Près de Châlus, en direction de Bussière-Galant, de part et d’autre de la route, se trouve le site des mottes du Mazaubrun. Il s’agit d’un ensemble de six châteaux à mottes remontant probablement aux Xème et XIème siècles. Le site fut implanté à proximité d’un carrefour entre plusieurs voies de communication anciennes. Le toponyme fait peut-être référence à la lignée des « Brun » qui y auraient eu une résidence avant de s’établir à Montbrun.

Ces mottes étaient des monticules de terre artificiels qui devaient servir d’assise à un château, ou plutôt une tour plus ou moins imposante. Ces constructions étaient en bois, ce qui explique qu’il ne reste que les mottes. Il s’agissait des ancêtres des châteaux en pierre qui caractérisent le reste du Moyen Age. Ces mottes surmontées d’une tour étaient probablement entourées d’une palissade de bois qui renfermaient les logis des seigneurs du lieu et de leur entourage.

    Les tours de bois servaient rarement d’habitations, sauf dans leurs versions les plus massives. La tour servait au guet et surtout à symboliser le pouvoir du seigneur sur la seigneurie. Ces châteaux à mottes étaient édifiés par de petits seigneurs féodaux, qui n’avaient pas suffisamment de ressources pour bâtir des demeures en pierre. Les grands seigneurs avaient eux commencé à bâtir des châteaux en pierre dès le début du XIème siècle (comme le château de Foulque Nera à Loches).

La plupart du temps, un château à motte ne comporte qu’une seule motte, parfois deux. Mais au Mazaubrun, six mottes au moins sont visibles, ce qui est exceptionnel. Cela s’explique probablement par l’existence d’une coseigneurie à cet endroit, composée de plusieurs seigneurs. Chaque famille aurait eu sa propre motte pour symboliser son statut de coseigneur.

On sait peu de chose sur l’Histoire des mottes du Mazaubrun, si ce n’est qu’elles furent très vite éclipsées par le château de Châlus Chabrol. Au XIIIème siècle, les textes n’en parlent plus que comme d’un « refuge », peut-être pour la population de Châlus en cas d’invasion.