Guillaume le Maréchal, l’archétype du chevalier:

Guillaume naquit vers 1145 en Angleterre. Il était le fils de Jean le Maréchal et de Sybille de Salisbury. Sa famille était une petite lignée de chevaliers anglo-normands au service des rois d’Angleterre. Ce surnom de « Maréchal » venait du grand père de Guillaume, Gilbert le Maréchal, qui reçut ce titre héréditaire alors qu’il servait à la cour du roi Henri Ier Beauclerc.

Suite à ses premiers exploits, il entra au service du roi d’Angleterre Henri II. Il fit preuve d’une telle bravoure et d’un tel talent dans le métier des armes, que le roi le chargea de l’éducation et de l’entrainement de son fils aîné : Henri le Jeune. Il est probable qu’il fut également l’un des maîtres d’arme de Richard Cœur de Lion. Guillaume s’illustra dans de nombreux tournois qui à l’époque prenaient la forme de véritables petites batailles, à tel point qu’Henri II avait tenté de les interdire dans ses domaines. S’assurant une réputation très favorable en France comme en Angleterre, Guillaume le Maréchal devint célèbre.

Il resta au service d’Henri le Jeune, frère et fils du roi Henri II même lorsque celui-ci se révolta contre son père le roi en 1174. La vie de Guillaume le Maréchal fut bien révélatrice de la complexité du système féodal de l’époque. Guillaume était au service d’Henri le Jeune, mais par les mécanismes de vassalité et de suzeraineté, il était également vassal d’Henri II. C’est ainsi que Guillaume fut tiraillé entre ses diverses allégeances. Il choisit le parti d’Henri le Jeune, mais pas sans avoir demandé à Henri II la permission de se ranger du côté de son fils rebelle !

Cette loyauté indéfectible de Guillaume caractérisait son attitude. Cherchant la prouesse lors de tournois ou à la guerre, loyal à son seigneur, mais également humble et courtois, il incarnait ainsi les valeurs d’une chevalerie qui s’affirmait de plus en plus dans la seconde moitié du XIIème siècle.

En 1183, Henri le Jeune mourut. Guillaume escorta lui-même le retour de son corps à Rouen. Suite à cet évènement, il partit en Terre Sainte. Il retourna en Europe en 1187, peu avant la bataille d’Hattin en 1188, qui provoqua la chute de Jérusalem aux mains des musulmans, et qui fut à l’origine de la Troisième Croisade.

Henri II, impressionné par la bravoure et la loyauté du chevalier, l’engagea à son service et lui donna le fief de Cartmel dans le Lancashire en Angleterre. Issu d’une petite famille de chevaliers, Guillaume entra donc ainsi peu à peu dans l’aristocratie des seigneurs terriens. Il resta cependant « bâchelier », chevalier non marié au service d’un seigneur, jusqu’à ses cinquante ans.

Pendant les conflits internes des Plantagenêt, Guillaume le Maréchal fut l’un des derniers à demeurer fidèle au vieux roi Henri II. Une fois que Richard Cœur de Lion se retrouva roi d’Angleterre, malgré la loyauté indéfectible qu’il avait montrée pour son père, il pardonna à Guillaume. Il lui confirma le mariage avec Isabelle de Clare, comtesse de Pembroke et de Buckingham, dite la « pucelle de Striguil ». Par ce mariage, Guillaume le Maréchal, chevalier bachelier, devint l’un des plus puissants barons d’Angleterre : son épouse lui amena le comté de Pembroke, la moitié de celui de Longueville et près du quart de l’Irlande.

Par la suite, Guillaume servit Richard Cœur de Lion lors de sa guerre contre Philippe Auguste, puis son frère Jean, après sa mort. Lui-même mourut le 14 Mai 1219. En apprenant sa mort, le roi de France Philippe Auguste honora sa mémoire en le qualifiant de « meilleur chevalier du monde ». Il incarna en effet les valeurs chevaleresques d’une société en pleine mutation à la charnière des XIIème et XIIIème siècles.

Mercadier 

Mercadier était un mercenaire du XIIème siècle. On connaît peu de chose sur sa vie, mais il fut l’un des plus indéfectibles serviteurs de Richard Cœur de Lion. On ne connaît rien de lui avant 1183. A cette date, il était réputé être le chef de Brabançons. Les Brabançons étaient des troupes de mercenaires qui se vendaient dans tout le royaume de France. Ils avaient une sinistre réputation car une fois débauchés par leurs employeurs, ils avaient l’habitude de se nourrir sur le pays, en ravageant villes et villages par des rapines, pillages et atrocités. On les appelait également les « écorcheurs » en raison des monstrueuses exactions qu’ils commettaient parfois. « Brabançons » était un terme générique désignant ces mercenaires qui étaient issus de diverses origines. Malgré leur réputation, ils étaient régulièrement employés par les rois et les grands seigneurs féodaux.

Mercadier suivit et soutint Richard dans toutes ses campagnes. De 1190 à 1192, il partit en croisade à ses côtés. Après la libération de Richard par l’empereur allemand, il rejoignit de nouveau son armée et participa au conflit contre le roi de France. En récompense de sa loyauté, Richard accorda à Mercadier les terres laissées par Adhémar de Beynac, en Périgord, après que celui-ci soit mort sans héritier. En Février 1199, Richard Cœur de Lion donna de nouveau à Mercadier la mission d’aller pacifier le Limousin. Mercadier, sur ordre de Richard, mena ses routiers à Châlus dont il assiégea le château. Le roi l’y rejoignit et mourut du carreau d’arbalète qui lui fut tiré.
 

A la mort du roi, Mercadier resta par la suite au service du nouveau roi d’Angleterre, Jean Sans Terre, frère de Richard, et ravagea l'Aquitaine ainsi que la ville d'Angers. Le 10 Avril 1200, un lundi de Pâques, il fut assassiné à Bordeaux par un homme de main de Brandin, un capitaine mercenaire rival, également au service de Jean. Un des ponts de Château Gaillard, en Normandie, portait son nom, témoignant de l’affection que lui portait Richard.